samedi 13 juin 2009

J’ai trouvé ma place sur la table.
Allongée sur l’inox mordant,
Le froid cuit mes chairs.
La lumière acérée du scialytique
Déchire ce qui reste de ma pudeur.

Parcouru du souffle rédempteur
Je suppose l’aiguille, impatiente.
Ma veine a su se donner sans résister.

Le produit se répand….

Induction d’un sommeil tant espéré.
Enfin, mes pensées curarisées,
Mon corps rendu,

J’oublie.

mercredi 15 avril 2009

Rêve en miroir

J’ai gardé au bout des doigts
Un peu de poussière de nuit,
Née de la décomposition de mes rêves.
Entre deux jours, juste une seconde,
Un trou d’aiguille dans la ligne de ma main,
Peut être une tache, un tatouage dans le temps.

Une vie, en quelques heures,
Irréelle, Impalpable,
Dénuée de toute preuve,
T’aurais-je créé ?
Un reflet de moi,
Un double trop parfait,
Une image.
Je n’ai pu que te rêver, cet autre.

Un aplat mercure a dû te révéler à ma vue
Ta peau tissée d’imaginaire,
Tes mains dures, ton regard glacé,
Ton sourire fantasmé.
Tu n’existes pas,
Je te connais trop,
Mon double,
Moi.

Tu étais là, près de moi pourtant !
Je ne fais plus confiance à mes sens.
Ton reflet est de l’eau dans mon esprit,
Dégouline,
Fuit,
S’évapore,
M’abandonne, sèche.

mercredi 4 mars 2009

De moi


Je suis,
L’adrénaline dévastatrice,
La déception écrasante,
L’indécence de l’envie,
La jalousie vulgaire,
L’audace d’y croire,
L’arythmie qui conduit à l’arrêt total,
L’hyperactivité qui mène à l’impatience,
L’imbécile qui espère,
L’angoisse de l’heure,
L’improbable émotion,
L’amour bafoué.

Je suis l’insoumise,
Je suis l’esclave,
Je suis, ou peut être pas.

Empreintes



Des bouts de lunes basculent.

Mes yeux restent trop ouverts
Sur mes veilles insensées.
Les débris sélènes, ramassés
M’ont arrachée mes illusions
Hémorragie saline, visqueuse.

Mais les langues restent muettes
Et je trace sur mes draps
Son indifférence mortifère

vendredi 23 janvier 2009

Bondage


D’un coup d’œil,
Ancrer mon destin à son regard.
Et alors baisser ma garde et les yeux,
Mon sort enchainé à ses desseins.

Sentir comme des caresses les cordes,
Etreinte par ses liens, sanglée par sa voix,
Laisser ma volonté entravée par sa peau,
Mon corps lacé d’adrénaline.

Rendue muette, aveugle, paralysée,
Ses désirs éprouvent mes frissons,
Seuls arbitres de ma liberté,
Ma vie amarrée à son lit.

J’abandonne mon esprit,
Mon corps se froisse, ligoté,
Réduite à néant, enfin ne plus être,
N’exister que par lui.

mercredi 3 décembre 2008

Eveil?

Une fois de plus ouvrir les yeux,
Extirper son corps de la tiédeur éphémère
D’un lit trompeur d’éternité
Et fiévreusement s’avancer, habitude
Vers ces volets en points d’interrogations,
Une journée de plus ?
Le soleil s’est il encore levé ce matin ?
Et même si, coup du sort,
Il décide de revenir,
Moi, y arriverai-je ?
Dire qu’il va falloir être vivant,
Une journée de plus.

lundi 10 novembre 2008

Soleil

Laisser la place,

Se détourner du soleil

Rester dans l’ombre.

Se protéger des brulures.

Et quitter la chaleur des rayons.


Embrassant la pénombre,

Se lover dans la douceur sombre

Et ne s’attarder qu’un seul instant

Sur l’aurore naissante,

Laisser le soleil grandir.

De loin.

dimanche 13 juillet 2008

Indigestion

J’ai croqué l’aile d’un ange,
L’innocence me colle aux dents
J’ai recraché l’insouciance.

A l’âge contre plaqué
D’ors et déjà écoulé
Ca tourne, ça pèse, ça ressort.

J’ai croqué l’aile d’un ange,
L’amer des souvenirs périmés
L’acide des regards oubliés

lundi 30 juin 2008

Couché de Lune



Back room au petit matin
Stupre et détergent
Murs lavés, buée.


Nettoie les traces au sol
Frottement des ailes grises
Anges déchus, décadence


Frotte dans l’air, flotte
Le souvenir puissant d’un cri
Carrelages rayés de bruit.


Pâle sous les néons,
Exsangue après l’éponge
Expire et renaît.
Ce soir.

mercredi 28 mai 2008

Duel

Duel


Regardez le duel gracile.
La chorégraphie d’un combat,
Farouche débat des corps
Qu’un lien vient étreindre.

Danse de chambre noire
S’échappe de ses doigts,
L’instant de lutte continue
Les yeux accrochés aux ciels.

Grâce des mouvements
Repoussés vers les limites.
Les peaux s’échauffent,
Vainqueurs volages.